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Au Café Romand (Richard Szotyori, 2008)

Auteur: 
Gogniat

LOCARNO 2008: FILMS SUISSES

 

 

 

Au Café Romand: le burlesque, une recette qui marche!

 

 

par Valère Gogniat

 

 

Lorsque environ mille personnes rient durant les huit minutes d’un court métrage, il convient de se demander quel est le plat qui nous est servi. Dans ce cas particulier, c’est le suisse Richard Szotyori qui nous offre un spectacle burlesque avec Au Café Romand, court métrage très énergique.

 

Ce n’est pas le scénario peu original ni la linéarité très classique du récit qui nous emballe. Nous assistons à un huis clos dans lequel Grégoire, un homme d’une trentaine d’années, rejoint sa fiancée et ses beaux-parents au Café Romand pour une première rencontre. L’ambiance plutôt tendue va pousser le jeune homme à se réfugier dans les toilettes où il découvre une énigmatique arme à feu. Il la manipule avec peu de précaution, un coup part, et le jeune homme croit avoir assassiné
un vieillard qui occupait l’une des cabines.

 

Si le court métrage fonctionne bien malgré cette histoire plutôt facile, c’est principalement grâce à la situation vaudevillesque dans laquelle se trouve d’emblée le personnage principal. Le calme nécessaire lors de la première rencontre avec les beaux-parents entre directement en conflit avec l’affolement évident que l’on doit ressentir lorsque l’on pense avoir tué quelqu’un. Ainsi, le récit repose directement sur une situation paradoxale qui participe à la création de cet univers comique.

 

Ensuite, le rythme du film, effréné (les plans courts se succèdent très rapidement), ne laisse pas le temps au spectateur de s’interroger sur ce qui se passe. Le voici emporté dans les virages de l’histoire et cogné sans ménagement contre les différents rebondissements. Cette frénésie est sans conteste l’une des pièces maîtresses de la réussite de ce régime burlesque. De plus, la représentation des personnages est agréablement caricaturale (les beaux-parents, austères et bourrus, le jeune homme, mal à l’aise et très nerveux) et soutenue par un très bon jeu d’acteur. L’utilisation des stéréotypes est également bien sentie: les nappes à carreaux, les militaires suisses-allemands qui jouent au jass en buvant des bières, les deux vieillards attablés autour d’un échiquier au fond du bar lourdement enfumé, les quatre cervelles au beurre noir commandées par le beau-père… il ne manque que le portrait du Général Guisan ! Le spectateur helvétique retrouve ainsi facilement un milieu qu’il a, d’une manière ou d’une autre, déjà fréquenté.

 

C’est donc l’addition de nombreux éléments savamment apprêtés qui sert ce court métrage très classique mais réussi. Richard Szotyori a bien maîtrisé le registre burlesque et recourt à des clichés sans toutefois en abuser. Sans aucun doute, ce film fut l’un des meilleurs de la compétition suisse.

 

 


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