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Entretien avec Christian Lelong à propos de Justice à Agadez

Auteur: 
Walther

Entretien avec Christian Lelong. Une pratique humaniste de la justice au Niger

 

 

par Alexandra Walther

 

 

Agadez, 130'000 habitants, la plus importante ville Touareg du Niger. Dans un espace confiné, assis sur une natte, le Cadi tient son tribunal pour les habitants de la région. Il tente d’atténuer les conflits, cherchant avec chacune des parties un compromis qui apaise les brouilles de voisinage, les conflits de travail, les querelles de couple. Cette justice tout en douceur ne sépare les gens qu’en dernier ressort. Justice à Agadez est un film sur la justice, en sept "histoires", que j’ai découvert au Festival international du film de Fribourg 2006 (FIFF), en première suisse, dans la sélection officielle de la compétition documentaire. Son réalisateur, Christian Lelong, a suivi une formation en ethnologie et cinéma. Il est producteur et directeur de formation dans le cadre de la société Cinédoc Films, fondée en 1992 à Annecy. Depuis 2001, Cinédoc a reçu du Centre national de la cinématographie (CNC) et de la direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes (DRAC) la mission d’accueillir et d’animer un Pôle régional d’éducation et de formation artistique au cinéma et à l’audiovisuel.

 

 

Le Cadi d’Agadez, au Niger, est une sorte de juge de paix traditionnel, nommé à vie par le Sultan. Sa pratique de la justice des moeurs se base sur le Coran et exprime la tolérance et une connaissance malicieuse de l’être humain. Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à présenter cette justice humaniste qu’incarne le Cadi ?

 

J’ai rapidement eu envie de faire ce film autour de trois idées de base:

  • La première –elle est dans votre question– c’est de montrer une autre facette de la Charia telle qu’elle semble connue en Occident. La Charia est jugée comme une pratique violente et même brutale de la religion musulmane, alors que ce Cadi à Agadez en a l’interprétation la plus humaniste possible. Et donc, je trouve intéressant d’avoir le contre-pied de ce que les médias occidentaux nous présentent de la Charia.
  • Le deuxième aspect, c’est de montrer l’universalité des problématiques humaines. Les mêmes rapports conjugaux, conflictuels, difficiles existent qu’on soit africain ou occidental. Dans Justice à Agadez se trouve tout un éventail de problématiques qui sont vraiment universelles. Mon travail cinématographique est basé là-dessus.
  • Et puis, troisième aspect, nous avons beaucoup à apprendre de cette pratique, nous autres Occidentaux civilisés et développés, dans des pays qui connaissent toutes les peines du monde à arrêter la violence urbaine, la délinquance et les conflits de voisinage ainsi qu’à développer, pour faire face à toutes ces problématiques sociales, des institutions ou des mécanismes judiciaires. Je pense que le Cadi est une réponse et j’avais envie de montrer cette justice de proximité comme exemplaire...

 

 

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