Entretien avec Nicolas Humbert et Werner Penzel

Auteur: 
Legast
Auteur: 
Porret

Entretien avec Nicolas Humbert et Werner Penzel

 

par Marthe Porret et Laura Legast

 

 

Réalisé le 23 avril 2005 à Nyon, dans le cadre du festival Visions du Réel

 

Werner Penzel, né en Allemagne en 1950, étudie le cinéma à la Hochschule für Film und Fernsehen de Munich, de 1971 à 1975. Né en 1958, le Suisse Nicolas Humbert le rencontre quelques années plus tard, y étant lui-même étudiant de 1982 à 1987. En 1987, tous deux fondent la maison de production Ciné Nomad et signent deux ans plus tard leur premier film commun : Lani und die Seinen. En 1990, ils réalisent Step Across the Border qui, projeté dans de nombreux festivals internationaux, remporte plusieurs prix. Suivent deux années de tournage auprès des Touaregs du Sud qui donneront Middle of the Moment, en 1995. Ils signent en 1997 Nulle Sonne. No Point, un documentaire consacré au Chicago Art Ensemble. Régulièrement en visite chez lepoète Robert Lax entre 1993 et 1999, ils lui consacrent une installation sur trois écrans : Three Windows, dont la version film s’intitule Why Should I Buy a Bed when All I Want Is to Sleep (2001).

 

WERNER PENZEL ET NICOLAS HUMBERT

Werner Penzel et Nicolas Humbert

 

En voyant votre dernier film, Brother Yusef (2005), on a eu l’impression d’un film-synthèse. On y retrouve à la fois votre intérêt pour la musique, que vous aviez si bien captée dans Step Across the Border, et une grande ressemblance formelle avec Three Windows…

 

Nicolas Humbert : Comme je l’ai dit après la projection, quand on choisit un thème, il y a déjà une certaine logique et une certaine esthétique dans ce choix. Nous ne nous sommes pas dit : maintenant nous voulons continuer dans ce type de film, cette esthétique, ce genre de thème. Mais bien sûr, il y a quelque chose de général qui nous préoccupe, certainement, oui. Si l’on regarde rétrospectivement son oeuvre, des choses se cristallisent, des traces restent. On peut tirer des liens entre Three Windows et Brother Yusef. Non seulement parce qu’il s’agit de deux hommes âgés, mais surtout grâce à cet espace intérieur qu’on essaie de rendre visible par des moyens cinématographiques. C’est notre revendication, je crois, d’être intéressés par quelque chose de profond, d’intérieur. Au début, il y a toujours une sorte de résistance, c’est cette sorte de tension qui nous intéresse et qui forme le film. Mais rien n’était sûr au début.