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Festival International du film de Locarno 2014, bilan de la 67e édition

Auteur: 
Papakonstantis

Festival International du film de Locarno 2014, bilan de la 67e édition

Par Achilleas Papakonstantis

 

La 67e édition du Festival international du film de Locarno s’est signalée par une tendance à faire cohabiter la production indépendante et un cinéma plus récréatif, notamment en programmant plusieurs films « rassembleurs » sur la Piazza Grande (Lucy de Luc Besson, Sils Maria d’Olivier Assayas, Geronimo de Tony Gatlif, Pause de Mathieu Urfer). Cette édition a également signalé le retour dynamique de la politique dans le champ cinématographique, que ce soit par le choix des films (Kommunisten de Jean-Marie Straub, Socialismi de Peter von Bagh, L’Abri de Fernand Melgar, Durak de Yury Bykov, A Blast de Syllas Tzoumerkas, parmi d’autres) ou par des polémiques imprévues culminant avec l’« affaire Polanski »1, que les médias suisses et internationaux n’ont pas manqué de relayer. Pourtant, le festival commence peu à peu à trouver son propre équilibre sans souffrir d’un manque d’éclat : si Polanski a renoncé à sa participation à la dernière minute, des personnalités aussi diverses qu’Alexandre Sokourov, Victor Erice, Agnès Varda, Jean-Pierre Léaud, Dario Argento, Juliette Binoche, Oliver Assayas, Mia Farrow, Tony Gatlif, Giancarlo Giannini ou encore Melanie Griffith ont fait le déplacement.

         L’audace et la fulgurance ont également caractérisé le concours international (avec Cavalo Dinheiro de Pedro Costa, Mula sa kung ano ang noon de Lav Diaz, The Iron Ministry de J.  P.  Siadnecki), malgré le choix du jury de récompenser prioritairement des cinéastes découverts dans les éditions précédentes du festival (Lav Diaz, Alex Ross Perry). Au vu de l’étendue du programme, nous avons pris le parti d’accorder une place prioritaire à la production suisse, plus dynamique qu’on a coutume de le dire, tout en abordant certains films internationaux dont la présence a contribué au prestige artistique et à l’identité cinéphilique forte du festival.

 

1Dans un communiqué daté du 12  août, le réalisateur a renoncé à sa participation au festival par crainte des tensions et des controverses. Polanski aurait dû présenter la projection de La Vénus à la fourrure le 14  août sur la Piazza Grande et donner une master class le lendemain. Depuis le début du festival, les réactions contre la présence du cinéaste étaient nombreuses et venaient de plusieurs élus suisses. Le député Fiorenzo Dado, du Parti démocrate-chrétien, avait écrit sur Facebook le 6  août : « Aujourd’hui s’ouvre un festival qui honore un pédophile ». Ensuite, l’Union Démocratique du Centre a incité ses députés à ne pas participer à la cérémonie de remise d’un Léopard spécial au réalisateur de Rosemary’s Baby et Chinatown. Toutes ces réactions se sont référées aux accusations de pédophilie qui accompagnent Polanksi depuis 1977 et l’affaire « Samantha Geimer ». Le directeur artistique du festival, Carlo Chatrian, a exprimé son amertume dans une vidéo en insistant sur le rôle important du festival en tant que « lieu d’accueil et espace de liberté ».

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