Hélène Fleckinger (éd.), Carole Roussopoulos: Caméra militante. Luttes de libération des années 1970

Auteur: 
Portmann

COMPTE RENDU

 


 

 

 

 

 

                    par Sylvain Portmann

 

 

 

 

 

 

 

Hélène Fleckinger (éd.), Carole Roussopoulos :
Caméra militante. Luttes de libération des années 1970
,
Genève, Editions MétisPresses, 2010, 131p. + 1 DVD


Deuxième titre de la collection PLANSécant, l’ouvrage est composé d’une série d’articles consacrés à Carole Roussopoulos et d’un DVD rassemblant six de ses vidéos, datant de 1970 à 19761. Les textes, tout comme un entretien de la réalisatrice mené en 2007, fournissent ici des informations et des analyses essentielles pour approcher l’oeuvre de la vidéaste, décédée en septembre 2009. Les éditions MétisPresses présentent avec ce volume la première monographie consacrée exclusivement à Carole Roussopoulos, qui a pourtant signé plus d’une centaine de documentaires, mais dont la place, en bibliothèque en tout cas, n’était pas encore évaluée à sa juste valeur. Véritable pionnière dans le champ de la vidéo engagée des années 1970, elle a incarné un système de production indépendant, s’immisçant au coeur de nombreux conflits sociaux au moment où ils eurent lieu. Signalons aussi son absence répétée dans nombre d’ouvrages portant sur l’histoire de la vidéo, écartée peut-être pour le maintien d’une certaine conception de l’art vidéo.

 

Quatre critiques ont participé à l’ouvrage : Nicole Brenez, JeanPaul Fargier, Hélène Fleckinger (à qui l’on doit la sélection des films et l’édition des textes) et François Bovier (directeur avec Hamid Taieb de la collection PLANSécant). Ils livrent là un excellent point de départ à celui ou celle qui désire aborder une oeuvre qui n’a cessé de "donner la parole" aux femmes, aux homosexuel(le)s, aux sans-abris, aux toxicomanes, aux personnes âgées. La liste est longue, tout comme celle de ses films. Ceux proposés sur le DVD remontent à la période des six premières années de réalisation vidéo de cette Valaisanne d’origine, alors installée à Paris. Le choix se porte ainsi sur le début de l’oeuvre, laissant Carole Roussopoulos, à travers l’entretien qui clôt le livret, le soin d’aborder plus globalement sa biographie et ses projets ultérieurs.