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La puissance de l’imaginaire vidéographique sur le militant mao : La démolition du Simplon 12 (L’Echo du Boulevard, 1974)

Auteur: 
Marguerat

La puissance de l’imaginaire vidéographique sur le militant mao : "La démolition du Simplon 12" (L’Echo du Boulevard, 1974)

Par Dimitri Marguerat

La bande-vidéo La démolition du Simplon 12 a été tournée à l’aide d’un module portable de vidéo légère (appartenant à Guy Milliard) et une prise de son externe (micro) probablement entre le mois de juillet et le mois d’octobre 1974. La réalisation du film intervient dans une dynamique de mobilisation intense dans le quartier, qui s’est soldée par la relocation des appartements vides du no 3 à la rue du Simplon. Fort de ce succès, le comité exige du propriétaire des immeubles, la société Ebauches SA10, la relocation des appartements au no 5. Pour tenter de « briser le silence d’Ebauches SA et des autorités communales », note le comité, une action « Maisons vides – portes ouvertes nettoyage » est organisée le 19 janvier 1974 pour montrer aux habitants du quartier l’état convenable des appartements. En avril de la même année, cependant, à la surprise des habitants, la Municipalité de Lausanne autorise la démolition d’un autre immeuble à la rue du Simplon, le no 12, dans lequel vivent encore des personnes retraitées et des travailleurs étrangers logés par une entreprise de construction locale.

 

La réalisation de cette vidéo s’insère dans un dispositif d’actions collectives plus vaste qui vise à divulguer les agissements des propriétaires
dissimulés, selon les militants, par les pouvoirs publics. La vidéo n’est donc qu’un instrument parmi d’autres pour mobiliser les habitants
du quartier et populariser la lutte. A la différence d’autres collectifs de vidéastes en France (par exemple Vidéo Out de Carole et Paul Roussopoulos qui met à disposition des ouvriers Lip du matériel vidéo), les membres du collectif de L’Echo du Boulevard sont des acteurs insérés eux-mêmes dans la lutte (à l’exception, il est vrai, de Guy Milliard dont le travail pourrait s’apparenter à celui de Dominique Dubosc à Lip). La position de Marlène Belilos est plus ambiguë. Son expérience à la TSR lui procure des compétences techniques et journalistiques  indéniables. Elle fait d’ailleurs partie de cette nouvelle génération de journalistes engagés à la fin des années 1960, alors que l’entreprise se restructure en profondeur. Avant son licenciement, elle avait réalisé et produit une émission culturelle intitulée Correspondance, plus connue pour ses canulars en direct et son goût pour la provocation. Dans l’historique de la lutte du comité de quartier, nous trouvons la mention d’une autre bande-vidéo « présentée aux habitants [le 15 mars 1973], dans laquelle des locataires racontent leur résistance aux pressions des régies ». Difficile de dire si ces témoignages ont été filmés par le collectif de L’Echo du Boulevard, ou même si ce ne sont pas ceux qui figurent sur la bande-vidéo La démolition du Simplon 12. Il semblerait cependant que le collectif n’ait réalisé qu’un seul film.

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