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Les Arpenteurs (Michel Soutter, 1972)

Auteur: 
Freudiger

Le rythme et la mesure

Esthétique des Arpenteurs de Michel Soutter

 

 

par Alain Freudiger

 

 

 

Cet article se propose d’étudier le film de Michel Soutter Les Arpenteurs (1972) comme une variation sur les concepts de rythme et de mesure. Trouvant leur jonction dans la figure du pas et dans son incarnation (l’arpenteur), rythme et mesure s’articulent dans ce film selon un rapport riche nouant non seulement temps et espace, mais aussi éléments interpersonnels (dialogues, échanges) et circulation d’objets. Où l’on voit encore, après Les Affinités électives et Don Juan ou l’Amour de la géométrie – nous nous abstiendrons de parler de E=MC2 mon amour –, que science et relations amoureuses tissent d’intéressants rapports.

 

De manière générale, le film de Soutter a un rythme plutôt lent, et son espace est plutôt mesuré: on n’est pas loin de l’unité de temps (une fin de semaine) et de lieu (un terrain de la campagne genevoise et ses alentours). C’est dans ce cadre spatio-temporel, posé dès les premiers plans, que vont faire irruption les arpenteurs. Arpenter, c’est "marcher de long en large à grandes enjambées entre les maisons, les gens et les sentiments", indique un carton à la fin du film. Et de fait, la figure de l’arpenteur conjugue de manière particulière ces deux notions que sont le rythme et la mesure, qu’il unit dans la figure du pas. L’arpenteur marche à grandes enjambées, à grands pas: sa marche est déjà réglée sur la mesure (c’est son métier, mesurer la superficie des terres – que l’on compte en arpents) et se marque par le rythme (le grand pas). En mesurant il obtient un rythme; en rythmant il obtient une mesure. Mais où marche-t-il ?

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