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Les films de l’OSEC (Office Suisse d’Expansion Commerciale)

Auteur: 
Debluë

L'homme et la machine: entre affranchissement et aliénation à la "valeur morale du travail". Cinéma suisse et propagande industrielle dans les films de l'OSEC

  

par Claire-Lise Debluë

 

 

Les films de l’Office Suisse d’Expansion Commerciale n’ont fait l’objet, jusqu’à présent, que de très peu d’études. L’activité pourtant foisonnante de cet organisme paraétatique, basé à Lausanne et Zurich, invite à considérer de plus près son rôle déterminant dans la production de films de propagande économique et industrielle. Destinés à connaître une diffusion mondiale, par l’intermédiaire des consulats et des représentations suisses à l’étranger, les films de l’OSEC sont conçus de manière à promouvoir l’image de l’industrie suisse, mais aussi d’un certain "esprit suisse", dont la définition n’a cessé d’être élaborée et discutée par les élites économiques et politiques nationales dès la fin du XIXe siècle. Leur diffusion s’inscrit dans une logique de rationalisation économique qui gagne la Suisse au tournant des années 1920 et qui s’exprime à travers un souci de compétitivité de l’industrie suisse sur le marché international. Aussi les films de l’OSEC jouent-ils le rôle d’émissaires chargés, au même titre que les foires ou les expositions internationales, de promouvoir l’image d’une Suisse mythique où le consensus social règne et où l’harmonie qui préside aux relations de travail entre patrons et ouvriers signe la qualité des produits manufacturés voués à l’exportation. Leur diffusion à l’étranger vise un large public, mais aussi les cadres universitaires ou industriels, par l’intermédiaire des chancelleries et des légations suisses, alors que nombre de salles de cinéma en Suisse proposent certains films de l’OSEC en avant-programme.

 

Afin d’entrer dans le vif du sujet, nous avons choisi de nous appuyer sur une remarque émise par Stanislaus Von Moos:

 

On devrait étudier, de manière plus approfondie et plus critique […] l’influence sur l’activité industrielle et artistique en Suisse des théories sur la rationalisation de l’entreprise proposées notamment par Henry Ford et Frederick Winslow Taylor.

(Esthétique industrielle, 1992, p. 3)

 

Nous suivrons ce conseil en nous penchant sur deux courts métrages de l’OSEC, étant admis que la création de l’office concorde avec l’engouement suscité par la diffusion internationale de l’organisation scientifique du travail et de la rationalisation de l’économie. Si la question de l’organisation scientifique du travail n’est pas thématisée à proprement parler dans les films de l’OSEC, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue une des clés de compréhension du contexte politique et économique qui a vu naître l’Office Suisse d’Expansion Commerciale. Bien que cet article ne soit pas le lieu d’une telle analyse, il peut être important de situer brièvement l’OSEC, ainsi que ses dirigeants, dans le champ des relations économiques et politiques, dont les réseaux de relations, si étroitement imbriqués, sont typiques de la structure des institutions et des organes de pouvoir suisses ...

 


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