Margrit Tröhler, Offene Welten ohne Helden


Dans son ouvrage consacré au « phénomène transculturel » que constitue l’émergence, depuis les années 1990, des films sans personnage principal, Tröhler assume comme point de départ (historique) le terme générique du film « transversal » de Balázs, mais examine par la suite son objet à partir des oeuvres elles-mêmes. Partant d’une analyse matérielle des films, l’auteur cherche à cerner les ressorts de ce mode de récit à l’aide de la narratologie et des sciences de la culture pour développer des concepts qui permettent d’analyser ces formes narratives en tant qu’elles relèvent aussi de pratiques culturelles. Elle cherche également à les ancrer dans les nouveaux contextes de production et de réception. L’axe narratologique se révèle ainsi être au centre du principe organisateur qui sous-tend l’ouvrage. D’une part, l’auteur vise à entamer cette réflexion en développant une analyse des films choraux via les notions distinctives de conception, de création et de constellation des personnages. Ces notions sont ensuite testées sur les trois modèles génériques que l’analyse figurale du corpus a permis de dégager. Tröhler distingue en effet notamment les films où les personnages apparaissent sous forme de groupe homogène des oeuvres structurées par une mosaïque de personnages. En abordant la fonction narrative du personnage non seulement de façon sémantique et psychologique, mais également comme le déclencheur d’un processus plastique et figuratif, la description de ces « dramaturgies alternatives » vise d’autre part à ouvrir de nouvelles perspectives théoriques.

