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Taste of Cement (Ziad Kalthoum, 2017), ou le goût d’un engagement en demi-teinte

Auteur: 
Papakonstantis

 

Taste of Cement (Ziad Kalthoum, 2017), ou le goût d’un engagement en demi-teinte

 

Par Achilleas Papakonstantis

 

A Beyrouth, un groupe d’ouvriersvenus de Syrie travaillent à la reconstruction d’un gratte-ciel ; le soir, soumis au couvre-feu imposé par les autorités libanaises, il leur est interdit de quitter le site de construction et de passer leur temps libre en ville. C’est alors dans un dortoir souterrain au pied du site qu’ils s’abritent pour la nuit. Célébré par la quasi-totalité de la critique francophone comme un chef-d’œuvre du cinéma documentaire, le deuxième film de Ziad Kalthoum, Taste of Cement, a également rencontré le succès dans l’arc lémanique. Sélectionné en compétition internationale à l’édition 2017 des Visions du Réel, il a non seulement suscité l’engouement de la part du public mais a également remporté le Sesterce d’Or du festival. Ce n’était que le début ; récompensé en automne aux festivals de Camden en Angleterre et d’Adélaïde en Australie, le film a bénéficié d’une sortie commerciale en France au début de l’année 20181. Distribué en Suisse par Cinélibre (association des ciné-clubs et des cinémas à but non lucratif), Taste of Cementa été projeté au Cinéma Oblò à Lausanne en janvier et février ; la première de ces projections, le 11 janvier, a eu lieu en présence de Kalthoum, alors de retour en Suisse romande pour présenter son film et discuter avec le public du rôle des cinéastes syriens face à la réalité de la guerre qui ravage leur pays2. Or, le jeune réalisateur (né en 1981 à Homs, centre industriel et économique de la Syrie qui fut un des épicentres des affrontements dès le début de la guerre en 20113) était déjà connu du public suisse puisque son premier long métrage, Le Sergent immortel,...

 

1En mai 2018, l’exploitation commerciale du film en Allemagne était alors en cours.

2La discussion fut animée par Nicolas Appelt, actuellement assistant pour le Master Moyen-Orient du Global Studies Institut (Université de Genève) et spécialiste du cinéma et des séries télévisées syriens (voir son article « Présence du cinéma syrien », Décadrages, no 31, automne 2015, pp. 137-141). Par ailleurs, Sandy Fernandez, membre du comité de gestion du Cinéma Oblò, a facilité notre accès aux films de Kalthoum ainsi qu’à leur réception critique ; qu’elle soit ici remerciée pour son aide précieuse. 

3Homs est la troisième ville la plus peuplée du pays, située au bord du fleuve de l’Oronte que les indigènes appellent – ironie de l’histoire – le « fleuve rebelle ». De fait, il s’agissait de l’un des bastions du soulèvement contre le régime d’Assad, d’où son surnom « Capitale de la Révolution ». Comme le soulignait l’anthropologue Thierry Boissière en 2012 déjà, « [d]e toutes les grandes villes syriennes, Homs est celle qui a pour l’instant payé le prix le plus élevé pour le rôle qu’elle joue dans la Révolution syrienne. L’acharnement dont le régime de Damas fait preuve à son encontre ne peut cependant se comprendre complètement sans prendre en compte la place singulière que la ville a occupée et occupe encore dans la région et le pays ». Nous renvoyons le lecteur à son article très instructifsur la guerre civile en Syrie comme une guerre des classes : Thierry Boissière, « Homs, capitale de la révolution, carrefour alaouite », Mediapart, 11 mai 2012, en ligne : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/110512/homs-capitale-de-la-revolution-carrefour-alaoui[consulté le 21 mai 2018]).

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