Visions du Réel 2006: Gros plan sur le cinéma de Rithy Panh
FESTIVAL VISIONS DU REEL DE NYON 2006
Gros plan sur le cinéma de Rithy Panh
par Alain Freudiger
Entre autres bonnes initiatives –notamment un atelier consacré à Avi Moghrabi et la mise à l’honneur du vidéaste Artur Zmijewski– le festival Visions du Réel de Nyon a offert cette année un grand moment avec l’atelier consacré à Rithy Panh. Ce fut un immense plaisir de l’écouter, tant Rithy Panh parle avec amabilité, précision, intelligence et fermeté. Cinéaste français d’origine cambodgienne, on le connaît surtout pour son film S21, la machine de mort khmère rouge (2003). Sa présence à Nyon
a permis d’inscrire ce documentaire exceptionnel dans une démarche cohérente et durable, dont témoignait déjà son premier film Site 2, Aux abords des frontières (1989) :
- « J’ai réalisé ce film de manière instinctive, sans vraiment réfléchir, dans l’urgence, et il est devenu la matrice de mon oeuvre –où l’on retrouve bien sûr le travail sur la mémoire, mais aussi la quête d’une juste distance physique avec les personnages, la décision de laisser la parole aux autres sans ajouter d’explication, le désir de filmer un territoire unique…»
Et si, comme il le dit, Rithy Panh ne veut pas être "le cinéaste du génocide", cela ne signifie pas qu’il ne veut plus le penser –le génocide cambodgien est à la fois central et latéral dans son oeuvre– mais qu’il ne veut pas s’y voir réduit. C’est qu’un des principaux fondements de son travail est l’affirmation de l’irréductibilité de l’Homme...

Images tirées de S21, la machine de mort khmère rouge


